Le label BIO

 Notre ferme est entièrement labellisée BIO (Agriculture Biologique).


Pourquoi cultiver en Bio ?
Lorsque nous nous sommes installés dans la Drôme en 2009, quittant les contraintes environnementales de la capitale, notre projet de vie comprenait une participation à une vie plus saine et plus respectueuse de l'environnement.

Alors forcément, le choix ne se posait pas vraiment. Surtout quand on a des proches parents atteints et décédés de cancer et vu des enfants mourir ou frôler la mort par leucémie... Trop c'est trop !

Et comme on me l'a dit lorsque j'ai postulé pour ma formation agricole de Brevet de Responsable d'Exploitation Agricole, "si vous partez de rien, alors il faut le faire en Bio !"

Le travail sera (peut-être) plus dur, mais il est évident qu'une néophyte comme je l'étais doit tout de suite prendre de bonnes habitudes de pratiques agricoles.

Heureusement je ne suis pas la première, les exemples sont nombreux et grâce aux associations de promotion (Agribiodrôme, FNAB et GRAB, Chambres d'agriculture...), des réseaux d'échanges, d'informations et de formations se mettent en place. Quelle joie de se retrouver entre confrères au sens du partage d'un même idéal de vie ! Bien que parfois, le constat soit réaliste et amer avec les concurrents qui n'en sont pas, effet de mondialisation et d'incapacité de nos dirigeants à résister au lobbying des sociétés anti-individualistes...

Et même si le contenu s'allège et se simplifie régulièrement à cause de nos bureaucrates européanisants, tirant généralement les contraintes vers le bas, la certification AB est incontournable, ne serait-ce que pour pouvoir commercialiser par des intermédiaires.

Mais rien n'empêche d'adhérer en sus à une marque privée, comme Nature et Progrès, Demeter ou Biocohérence, hormis le surcoût engendré.

Et alors, comment fait-on ?


La ferme que j'ai reprise en 2011 était inexploitée depuis 7 ans, au décès de l'agriculteur. J'ai donc pu passer directement en Bio depuis un constat de friche.

Depuis, j'ai évité au maximum les intrants, inventoriant la biodiversité présente sur le site, avec ses ravageurs et ses auxiliaires. Possédant des équidés, j'enrichis ma terre presque exclusivement de leur fumier. Je n'ajoute qu'un peu de granules pour limaces, car celles-ci peuvent être temporairement et localement très destructrices, mais évidemment je prends le produit ne détruisant pas les hérissons et autres auxiliaires... puisqu'en plus, j'ai la chance d'avoir un hérisson dans mon jardin, depuis toujours ! (une femelle, je lui ai vu 6 petits l'année dernière !)

J'ai progressivement renoncé aux tracteurs pour travailler mon sol, préférant mes chevaux. Cela vient d'une préférence personnelle mais aussi d'une contrainte due à la nature de mon sol : très argileux, il se compacte très vite, même avec le passage de mes petits tracteurs. Depuis plusieurs années maintenant que je ne passe que le cheval et que je paille avec différents matériaux (principalement mon foin, plus nutritif que de la paille), la terre reste souple, pleine de ve !

De plus j'essaie petit à petit d'intégrer des notions de permaculture. Vaste sujet s'il en est, d'application très complexe, mais de petites choses sont facile à faire. Je pratiquais déjà souvent les associations de légumes, la présence de fleurs, je dois continuer dans cette voie est l'aménager au fil des saisons pour une même planche. Le paillage est miraculeux, surtout en période sèche, pour conserver une humidité au sol si bénéfique au plants. Et le désherbage est quasiment rendu inexistant! Par contre, il faut savoir y renoncer pour certains plants, jeunes en général, ou au démarrage des cultures. La limace est un destructeur des résidus végétaux, il est donc tout à fait normal qu'elle s'y trouve ! Il faut le savoir...

Pour les campagnols, mes chats et chiens arrivent à les contenir, ainsi que probablement les buses et peut-etre des serpents. J'ai fait des barrières dans le sol (bande de gravier enterrés à 25 cm de profondeur) aux portes de mon potager clos de murs, pour me garder un espace pour les légumes racines vraiment trop appétissants pour les campagnols, et j'ai renoncé à certains légumes comme l'excellent persil tubéreux...

Et maintenant, sans produit aucun, je suis épatée de n'avoir quasiment pas de maladie ni de ravages importants. Il n'y a que pour les arbres que la meilleure solution, testée en 2017, s'est avérée être la pose de filets de protection des mouches. Et encore, ce n'est pas évident pour les pommiers dont certains ravageurs sont présents avant la fin de floraison... Ainsi que pour la cloque du pêcher que j'ai du mal à contenir malgré différents essais de traitements bios.